J'ai été déçue par l'issue de ce processus de recrutement, c'est pourquoi je tiens à m'exprimer sur Glassdoor pour alerter toutes futures candidates de ce que j'estime être une forme de discrimination à l'embauche liée à ma grossesse.
Après une première prise de contact téléphonique avec un recruteur de l'EDHEC (qui m'a démarchée sur LinkedIn alors que j'étais déjà en poste) en décembre 2023, suivie d'un premier entretien en visioconférence avec la N+1 en janvier 2024, puis un deuxième entretien en visioconférence avec la DRH en février 2024, et enfin un dernier entretien avec le Directeur des programmes de l'EDHEC en avril 2024, une proposition d'embauche m'a été faite en mai 2024 : on m'a confirmé que j'avais été retenue pour le poste et que mes prétentions salariales avaient été acceptées.
Le seul hic ? Je venais d'apprendre que j'étais enceinte de deux mois. Ce n'était pas du tout mon intention de dissimuler cette information, mais il se trouve que je ne l'étais pas encore lors du premier cycle d'entretiens qui s'est déroulé en début d'année et il m'avait semblé inapproprié d’évoquer ma grossesse à un stade aussi précoce lors de l’entretien en avril. Toutefois, lorsqu'il a été question de démarrer en septembre 2024, j'ai préféré faire preuve de transparence et leur annoncer la nouvelle, car j'avais conscience qu'un départ en congé maternité moins de deux mois après une prise de poste était loin d'être idéal. J’étais tout de même prête à m’adapter à leur calendrier si besoin, mais je leur ai signifié que je préférais décaler la date de prise de poste à mon retour de congé maternité en mars prochain.
La réaction du recruteur m’a semblé plutôt rassurante. Il a accueilli cette nouvelle avec bienveillance et m'a dit qu'il en toucherait un mot à l'équipe, puis qu'il reviendrait rapidement vers moi pour me préciser les modalités de ma prise de poste. Or, c'est seulement un mois plus tard, après plusieurs relances restées sans réponse, que j'ai finalement pu échanger de nouveau avec lui. Il n'était pas très à l'aise au bout du fil et je pouvais le comprendre ! Il m’appelait pour m’annoncer que l’école avait décidé de rétracter sa proposition, car le poste en question ne serait plus basé à Paris mais à Nice. En changeant ainsi l’un des paramètres du poste, ils se prémunissaient contre toute poursuite juridique. Or, leur petit stratagème leur a valu de beaucoup baisser dans mon estime. J’aurais largement préféré qu’on me dise tout simplement que le recrutement ne pouvait pas attendre, car l’équipe avait besoin de quelqu’un pour la rentrée universitaire en septembre. Un tel motif m’aurait paru légitime et je ne l’aurais pas contesté. J’avais été honnête avec eux et je suis déçue qu’ils ne l’aient pas été avec moi en retour.
Alors bien sûr, je me suis remise de cette déception et je garde malgré tout un bon souvenir de mes échanges avec les équipes de l’EDHEC. Je suis, fort heureusement, déjà en poste en CDI hors période d’essai, donc je ne crains pas pour mon avenir professionnel. Toutefois, je reste convaincue que j’aurais été une excellente recrue pour ce poste et je trouve cela dommage qu’on ne m’ait pas accordé l’opportunité de le prouver. S’il m’a fallu du temps pour partager mon expérience, c’était parce que je ne voulais surtout pas faire de vagues et parce que ma grossesse était initialement source de culpabilité. Mais c’est en parlant de mon expérience autour de moi, notamment auprès de professionnels des ressources humaines (qui m’ont incitée à laisser un commentaire sur Glassdoor), que je me suis progressivement rendu compte du caractère discriminatoire dont j’avais fait l’objet.